Assurance vie en unités de compte : ce que l’examen attend de vous
En unités de compte, le preneur supporte le risque de placement. Depuis le 1er février 2026, la lettre circulaire CAA 26/1 fixe les règles : supports, catégories de preneurs, limites et information.

Dans un contrat d’assurance vie en unités de compte, le risque de placement est supporté exclusivement par le preneur : l’assureur s’engage sur un nombre d’unités, pas sur leur valeur. Depuis le 1er février 2026, les règles de placement de ces contrats sont fixées par la lettre circulaire CAA 26/1, qui a pris la suite de la LC 15/3 pour les contrats émis à partir de cette date. L’examen attend de vous trois choses : distinguer les supports (fonds externe, fonds interne collectif, fonds dédié, fonds d’assurance spécialisé), connaître les catégories de preneurs, et appliquer les règles d’information. C’est le cœur du module C, présenté dans notre guide de l’examen d’agent d’assurances.
Ce qui a changé le 1er février 2026
La LC 26/1 est entrée en vigueur le 1er février 2026, pour les contrats émis à partir de cette date (point 10). Les contrats et fonds dédiés existants restent régis par les règles de leur annexe : LC 95/3, 01/8, 08/1 ou 15/3, selon la date. Une annexe peut être modifiée par avenant. La même date, la LC 26/2 a modifié les règles de dépôt des actifs de la LC 16/9.
Parmi les nouveautés relevées par l’ACA : les fonds internes collectifs de types A à D n’ont plus à être notifiés au préalable, un dépositaire hors de l’EEE devient possible sous conditions, et un point est consacré aux produits structurés détenus en direct.
Piège d’examen
« Les règles de placement des contrats en unités de compte émis en 2026 figurent dans la lettre circulaire 15/3. » Plus maintenant. Pour un contrat émis depuis le 1er février 2026, c’est la LC 26/1. La LC 15/3 reste pertinente pour les contrats plus anciens, selon leur annexe. Si un support de révision cite encore la LC 15/3 comme règle générale, il date d’avant 2026.
Les supports : quatre notions à ne pas mélanger
La LC 26/1 définit d’abord le contrat lié à des fonds d’investissement : un contrat dont le risque de placement est « supporté exclusivement par le preneur d’assurance », sans garantie de rendement. Un contrat mixte combine une part liée et une part en fonds internes avec garantie de rendement, comme le fonds général (point 1).
| Support | Définition (LC 26/1, point 1) | Accès |
|---|---|---|
| Fonds externe | Organisme de placement collectif établi en dehors de l’entreprise d’assurance : OPCVM, OPC, fonds alternatif, fonds immobilier | Limites selon la catégorie du preneur (annexe 2) |
| Fonds interne collectif | Ensemble d’actifs cantonné de l’assureur, ouvert à une multitude de preneurs | Types N, A, B, C, D selon la catégorie du preneur |
| Fonds dédié | Fonds interne sans garantie de rendement, géré par un gestionnaire unique, support d’un seul contrat | Prime minimale de 125 000 € à la souscription |
| Fonds d’assurance spécialisé | Fonds interne autre qu’un fonds dédié, support d’un seul contrat, chaque actif étant choisi directement par le preneur | Sans condition de prime ni de fortune |
La différence entre fonds dédié et fonds d’assurance spécialisé tombe souvent. Les deux servent un seul contrat. Dans le fonds dédié, un gestionnaire unique gère selon une politique d’investissement fixée en annexe. Dans le fonds d’assurance spécialisé, le preneur choisit lui-même chaque actif (point 7.4).
Les catégories de preneurs
La LC 26/1 classe les preneurs en cinq catégories selon le montant de leurs primes et leur fortune mobilière déclarée (point 2). La catégorie N est la catégorie par défaut.
| Catégorie | Primes versées chez l’assureur (au moins) | Fortune mobilière (au moins) |
|---|---|---|
| N | Catégorie par défaut | |
| A | 125 000 € | 250 000 € |
| B | 250 000 € | 500 000 € |
| C | 250 000 € | 1 250 000 € |
| D | 1 000 000 € | 2 500 000 € |
La fortune mobilière comprend les instruments financiers, les dépôts bancaires et la valeur des contrats d’assurance vie, moins les dettes de toute nature. L’assureur peut écarter une déclaration douteuse. Le reclassement vers le bas est toujours possible à la demande du preneur ; vers le haut, il faut remplir les conditions, signer un document sur les risques supplémentaires et motiver la demande. Une fois fixée, la catégorie reste valable quelle que soit l’évolution de la valeur du contrat.
Prime minimale à la souscription pour un contrat lié à un fonds dédié. Exception : des primes périodiques atteignant ce montant sur cinq ans, avec engagement ferme et preuve de la capacité financière.
Source : lettre circulaire CAA 26/1, point 7.3.1, caa.lu, consulté le 20.10.2026
Cas pratique
Mme Thill, à Diekirch, veut placer 60 000 € dans une assurance vie et demande « un fonds dédié, géré rien que pour moi ». Le fonds dédié exige une prime de 125 000 € à la souscription : il n’est pas accessible. L’agent peut lui présenter des fonds externes et des fonds internes collectifs de type N, ou un fonds d’assurance spécialisé, admis sans condition de prime. Dans tous les cas, il précise qu’elle supporte le risque de placement : la valeur de ses unités peut baisser.
Vous préparez l’examen du CAA ? 1 306 questions corrigées · 50 €
Voir la préparationQuelques limites chiffrées
Dans un fonds interne collectif de type N, les fonds non conformes à la directive OPCVM ne dépassent pas 40 % (point 7.1.2). Les liquidités d’un fonds collectif sont limitées en principe à 20 % des actifs (point 7.5). Les limites s’appliquent à la valeur globale du contrat et sont vérifiées à la souscription ; un dépassement dû à l’évolution des cours ne peut pas être aggravé par de nouvelles primes ou des arbitrages. Les fonds alternatifs et immobiliers exigent l’accord exprès du preneur après remise d’une notice sur les risques, qu’il contresigne (point 5.4.2).
L’information du client
Avant la conclusion, l’assureur énumère les valeurs de référence utilisées et donne des indications sur la nature des actifs représentatifs (art. 10, par. 1, v et w, de la loi du 27 juillet 1997). Pour un contrat lié à des instruments dont le prix dépend des marchés, il précise que les performances passées ne préjugent pas des performances futures (point r). Les conditions générales donnent droit, gratuitement, à une valorisation annuelle et à la liste complète des actifs (LC 26/1, point 3).
Le contrat en unités de compte est un IBIP : sa valeur de rachat est exposée aux fluctuations du marché (art. 32, point 17-1, de la loi du 7 décembre 2015). Le client reçoit donc un document d’informations clés, et la vente suit les règles des art. 295-16 à 295-20. Avec conseil, le distributeur évalue l’adéquation : connaissances et expérience, situation financière et capacité à subir des pertes, objectifs et tolérance au risque. Il remet une déclaration d’adéquation avant la conclusion. Pour un contrat individuel de plus de six mois, le preneur garde son droit de renonciation de 30 jours calendrier (art. 100 de la loi du 27 juillet 1997).
Le « triangle de sécurité »
Les actifs représentatifs sont déposés auprès d’une banque dépositaire approuvée par le CAA, séparés des autres actifs ; la convention de dépôt prévoit leur blocage dès que le CAA signale une difficulté de l’assureur (lettre circulaire 16/9, modifiée par la LC 26/2). On parle de triangle assureur, banque dépositaire et CAA. L’ACA le rappelle : ce n’est ni une garantie de l’État ni une garantie du capital. En cas de liquidation, le preneur bénéficie du privilège des assurés ; il ne récupère pas pour autant une valeur qui a baissé sur les marchés.
Notre avis
À notre avis, l’erreur qui coûte cher n’est pas un seuil oublié, mais la confusion sur le porteur du risque. Dès qu’une question évoque une baisse des marchés, demandez-vous qui supporte le risque de placement. En unités de compte, c’est le preneur ; dans un fonds interne avec garantie de rendement, c’est l’assureur. Ensuite seulement, vérifiez le support et la catégorie.
Côté fiscalité, retenez une règle de l’art. 111 LIR : un contrat en cas de vie lié à des unités de compte n’ouvre droit à déduction que s’il dure au moins dix ans et comporte une couverture décès minimale, d’au moins 60 % des primes régulières prévues ou d’au moins 130 % des primes versées.
Le module C compte sept chapitres ; celui-ci est le troisième. Revoyez le module C, assurance vie, puis testez-vous sur les QCM de l’examen CAA consacrés aux unités de compte.
La préparation à l’examen d’agent d’assurances
50 €
TVA comprise · paiement unique · accès sans limite de durée
- 1 306 questions avec indice et explication
- 37 leçons, 12 examens blancs pour les trois parcours
- Score par module et règle de réussite du CAA


