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Le métier

Agent, sous-courtier, courtier : quelles différences au Luxembourg ?

L’agent agit pour des assureurs, le courtier représente ses clients, le sous-courtier travaille sous la responsabilité d’un courtier. Voici ce que chaque statut change pour le client, pour l’examen et pour votre carrière.

Quartzium Learning Center · Mis à jour en octobre 2026

Agent, sous-courtier, courtier : quelles différences au Luxembourg ?

La différence tient en une question : pour qui travaillez-vous ? L’agent agit au nom et pour le compte d’une ou plusieurs entreprises d’assurances. Le courtier représente les preneurs, comme mandataire, sans lien avec les assureurs. Le sous-courtier travaille sous la responsabilité d’un courtier établi au Luxembourg. Les trois définitions figurent à l’art. 279 de la loi modifiée du 7 décembre 2015 sur le secteur des assurances. Agents et sous-courtiers passent le même examen du CAA, décrit dans notre guide de l’examen d’agent d’assurances ; les courtiers passent un examen distinct.

Le statut n’est pas une question de titre sur une carte de visite. Il décide de qui vous représentez, de ce que vous pouvez proposer et de qui répond de vos erreurs. L’examen y revient souvent, parce que les candidats confondent « travailler avec plusieurs assureurs » et « être courtier ».

Les trois statuts côte à côte

Agent Sous-courtier Courtier
Agit pour Une ou plusieurs entreprises d’assurances, comme mandataire (art. 279, point 3 ; art. 284-2) Un courtier ou une société de courtage, sous sa responsabilité (art. 279, point 30) Les preneurs qu’il représente, à son propre compte (art. 279, point 8)
Agrément demandé par L’entreprise d’assurances établie au Luxembourg Le courtier Le candidat lui-même
Peut proposer Les contrats des entreprises pour lesquelles il est agréé (art. 284-2, par. 5) Les contrats placés par son courtier Des contrats du marché, sur la base d’une analyse impartiale et personnalisée (art. 283-4)
Qui répond de son activité L’entreprise d’assurances (art. 284-2, par. 2) Le courtier (art. 283-2) Lui-même : RC professionnelle et assises financières (art. 290)
Examen Examen des candidats agents et sous-courtiers Examen des candidats courtiers

Une règle s’applique aux trois : une même personne ne peut être agréée que pour une seule de ces activités. Un second agrément entraîne d’office le retrait du premier (art. 280, par. 3). On ne peut donc pas être agent le matin et courtier l’après-midi.

Pour réussir l’examen CAA, il est indispensable de maîtriser les subtilités juridiques de chaque intermédiaire d’assurance selon la législation luxembourgeoise en vigueur.

L’agent : le mandataire des assureurs

L’agent est agréé sur demande écrite d’un assureur établi au Luxembourg. Il peut exercer à titre principal ou accessoire, comme salarié ou comme indépendant (art. 284-2, par. 1). Salarié de l’assureur ou d’une agence, il relève du droit du travail. Indépendant, il signe une convention d’agence écrite qui fixe ses droits, ses devoirs et sa rémunération, en cours et en fin de mandat (par. 3).

En tant que mandataire, l’agent d’assurances agit sous le contrôle direct de sa compagnie mandante qui porte la responsabilité civile professionnelle de ses actes sur le marché.

Il peut travailler pour plusieurs assureurs, mais pas pour plusieurs entreprises dans la même branche, sauf demande conjointe de ces entreprises (par. 1). En cas d’agrément conjoint, c’est l’assureur dont émane le produit vendu qui couvre sa responsabilité (par. 2). Devant le public, il ne peut porter que trois titres : agent, agent principal ou agent général (par. 4).

Piège d’examen

« Un agent agréé pour trois entreprises d’assurances devient courtier, puisqu’il compare plusieurs offres. » Faux. Il reste agent : il agit pour le compte des assureurs, pas du client. Ce qui fait le courtier, c’est l’absence de lien avec les assureurs et la représentation du preneur, pas le nombre de compagnies. Méfiez-vous aussi de « agent conseil » ou « agent indépendant » : ces titres ne figurent pas dans la liste de l’art. 284-2, par. 4.

Le sous-courtier : sous la responsabilité d’un courtier

Le sous-courtier est une personne physique, autre qu’un dirigeant de société de courtage, qui travaille sous la responsabilité d’un courtier ou d’une société de courtage établis au Luxembourg (art. 279, point 30). Son agrément suppose l’honorabilité, les connaissances professionnelles, le travail sous la responsabilité du courtier demandeur, une RC professionnelle et la formation continue (art. 283-2).

Il passe le même examen que les agents, et c’est le courtier qui l’inscrit (règlement CAA n° 19/01, art. 22). C’est aussi le courtier qui vérifie régulièrement son honorabilité (art. 285-3) et à qui il remet, au début de chaque période de référence sauf la première, sa déclaration sur l’honneur et son extrait de casier judiciaire (règlement CAA n° 19/01, art. 49). Si le courtier perd son agrément, celui du sous-courtier tombe avec lui (art. 287).

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Le courtier : le mandataire du client

Le courtier est établi à son propre compte, sans lien avec un ou plusieurs assureurs, et sert d’intermédiaire entre les preneurs qu’il représente et les assureurs (art. 279, point 8). Tout courtier agréé au Luxembourg fonde ses conseils sur une analyse impartiale et personnalisée (art. 283-4, par. 1), c’est-à-dire sur un nombre suffisant de contrats offerts sur le marché (art. 295-10).

50 000 €

Capital libéré exigé d’une société de courtage, porté à 125 000 € dans les cinq ans. Pour un courtier personne physique : assises financières de 25 000 €, portées à 50 000 € dans les cinq ans. Une RC professionnelle est obligatoire dans les deux cas.

Source : loi du 7 décembre 2015, art. 290, legilux.public.lu, consulté le 20.10.2026

L’examen des candidats courtiers a lieu à d’autres dates que celui des agents : en 2026, le 23 avril et le 8 octobre. Un agent qui veut devenir courtier repasse donc par une autre épreuve, et perd son agrément d’agent au moment où il obtient le nouveau.

Ce que le client doit savoir avant de signer

Quel que soit le statut, l’intermédiaire informe le client en temps utile avant la conclusion (art. 295-8, par. 1) : son identité et son adresse, sa qualité d’intermédiaire, s’il fournit un conseil, les procédures de réclamation, le registre où il est inscrit, et s’il représente le client ou agit pour le compte d’un assureur. S’il agit pour des assureurs, il donne leurs noms.

Il précise aussi la base de son conseil (art. 295-9) : analyse impartiale, obligation contractuelle de travailler exclusivement avec certains assureurs, ou ni l’un ni l’autre, avec les noms des entreprises. Il indique la nature de sa rémunération : honoraires, commission incluse dans la prime, autre avantage, ou combinaison.

Deux règles valent pour tous. Les primes versées à un intermédiaire sont réputées versées à l’assureur ; les sommes que l’assureur destine au client ne sont réputées versées que lorsque le client les a reçues (art. 289). Et pour un client résidant au Luxembourg, le conseil est obligatoire, sauf renonciation écrite et préalable du client (art. 295-10, par. 1).

Cas pratique

M. Weber, à Differdange, demande à Sophie, agente d’une compagnie, de lui de « comparer tout le marché » pour son assurance habitation. Sophie ne peut proposer que les contrats des entreprises pour lesquelles elle est agréée (art. 284-2, par. 5). Elle doit le lui dire clairement, avec le nom de ces entreprises (art. 295-8), puis lui fournir un conseil sur leurs produits, adapté à ses exigences et besoins. Si M. Weber veut une comparaison du marché, c’est le travail d’un courtier.

Le secret et le registre

Le statut joue aussi sur le secret professionnel. Les assureurs luxembourgeois ne sont pas tenus au secret envers les courtiers et sociétés de courtage luxembourgeois pour les contrats que ceux-ci ont intermédiés, sauf opposition du preneur (art. 300, par. 7). Cette exception vise les seuls courtiers.

Tous les intermédiaires agréés figurent au registre des distributeurs tenu par le CAA, consultable par voie électronique (art. 286). Pour un agent, le registre indique notamment ses entreprises mandantes (règlement CAA n° 19/01, art. 54). Le client peut donc vérifier pour qui vous travaillez. Et vous ne pouvez faire état d’aucun autre titre que celui du registre (art. 280, par. 5).

Lequel choisir quand on débute

À notre avis, le statut d’agent est, pour une recrue, une porte d’entrée plus simple que le courtage : l’entreprise demande l’agrément, vous inscrit, vous forme sur ses produits et répond de votre activité. Le courtage demande des assises financières, une RC professionnelle et une vraie connaissance du marché. Le sous-courtage est un bon compromis pour qui veut apprendre le métier de courtier sans porter seul la responsabilité.

Pour l’examen, retenez une méthode : devant chaque question de statut, demandez-vous pour qui l’intermédiaire agit et qui répond de lui. Neuf fois sur dix, la réponse tombe d’elle-même.

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